Chalmoux au cours des siècles (IV) – La mine de Chizeuil

Chalmoux au cours des siècles (IV) – La mine de Chizeuil

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Le gisement de Chizeuil est, principalement, un gisement de pyrite de fer et, par la suite, fut découvert du minerai de cuivre en faible quantité.

A l’origine, on peut penser que les pierres rouges de Chizeuil eurent surtout l’attrait d’un matériau de construction ; de nombreuses constructions, tant à Chalmoux que dans les communes voisines, ont encore l’encadrement des portes et des fenêtres fait avec ces pierres.

Ultérieurement, alors que les moyens de transport étaient rudimentaires, il est vraisemblable que le minerai de fer de Chizeuil fut traité avec le charbon de Neuvy-Grandchamp.

De 1854 à 1866, la société Schneider du Creusot exploite en carrière le chapeau de fer principal situé au dessus du gisement de pyrite. Ce minerai de fer, ainsi que celui de Mazenay, et l’exploitation du charbon au Creusot, sont à l’origine de l’extension de l’industrie sidérurgique de la région.

Mines de Chizeuil
Mines de Chizeuil

En 1896, fut constituée la Société Anonyme des mines de Chizeuil, qui fonctionna jusqu’en 1943, date à laquelle elle devient la propriété de Saint Gobain. La Société des mine de Chizeuil acquiert la concession et entreprend les premiers travaux de recherches et d’exploitation par divers puits et galeries.

En 1905, la mine occupait alors une cinquantaine d’ouvriers ; c’est le fonçage du premier puit d’extraction Hely d’Oissel qui assurera l’exploitation jusqu’en mars 1955.

1929 – 1945 – 1948 sont des années qui sont marquées par des recherches très poussées qui démontrent l’importance du gisement des Roches Gagneaux. Pour l’exploitation de celui-ci en  1953, la Société décide le fonçage du puit Thénard. L’effectif est alors de 171 mineurs.

Le nouveau siège moderne entre en service en 1955 et assure l’extraction de la totalité du minerai. En 1956, l’extraction annuelle de minerai était de 127 806 tonnes, contre 32 840 en 1948.

La mine de Chizeuil a été nantie d’un atelier de « flottation » permettant la récupération du minerai pauvre en souffre. A partir de 1956, une annexe de cet atelier permettait de traiter la pyrite cuivreuse.

La pyrite commercialement vendable était traitée par grillage et servait à la fabrication de l’acide sulfurique dans les usines de la Société. La partie cuivreuse faisait l’objet d’autres marchés et était appréciée jusqu’en Suède où certaines sociétés arrivaient à en extraire de l’or.

Puits Thénard
Puits Thénard

Mais les cours mondiaux de l’acide sulfurique se sont effondrés et la production de l’acide sulfurique par traitement chimique du souffre de Lacq ont mis sur le marché un produit à un cours bien inférieur à celui de la production par grillage. Quant au minerai de fer issu des cendres du grillage, il fut éliminé par l’apport en France du minerai de Mauritanie, exploité à ciel ouvert et d’une teneur en fer bien supérieure.

Quant au filon de minerai de cuivre, il fut trop faible pour compenser la perte qui allait s’accroissant sur la pyrite de fer.

En 1963, la Société décide de fermer la mine dont le personnel s’élevait alors à 200 personnes environ. Toute la population de Chalmoux était plus ou moins directement touchée par cette mesure. Il fallut trouver des solutions, parfois même imparfaites, aux problèmes créés.

Chevalement du puit Thénard
Chevalement du puit Thénard

Des industries et des activités de compensation furent et sont encore recherchées. Seuls les Ateliers Mécaniques de Chizeuil se sont installés en 1965, et occupent 10 à 20 compagnons (NDLR : pour rappel, ce texte date de 1982) 

Souhaitons que ce douloureux passage pour la commune puisse trouver, avec le temps, sa guérison et, espérons que les recherches et les techniques modernes puissent permettre un jour, à nouveau, l’exploitation de cette richesse naturelle qu’est le gisement de Chizeuil.

7 réponses sur “Chalmoux au cours des siècles (IV) – La mine de Chizeuil”

  1. Sur la toile, comme dans la nature ou au buen retiro, il y a des règles de propreté à respecter : on ne laisse pas ses immondices derrière soi. Quand se décidera-t-on à faire disparaître la page annonçant, depuis avril 2010, la fermeture temporaire (sic) de la Tribune de Chalmoux ? L’initiateur de cette pauvre chose serait-il incapable de procéder à cette opération de salubrité publique ?

  2. Il serait correct de signaler la brochure écrite par un ancien mineur et éditée par l’association « Les Amis du Dardon » : HISTOIRE D’UNE MINE : CHIZEUIL
    Il y a encore quelques exemplaires à vendre.
    le secrétaire : Pierre Lahaye

  3. Compte rendu de la réunion du conseil municipal du 13 septembre 2013 : « La Bibliothèque est ouverte de 16 h. à 18 h. le mercredi. Manque de lecteurs, risque de fermer malgré 3 000 livres à disposition de la population. »
    Quand on voit la page « Facebook » de certains Chalmouxois, on se dit que cela ne leur ferait peut-être pas de mal de mettre le nez dans un livre de temps en temps…

  4. Célestine Rabourdin, membre de la diaspora chalmouxoise, assure Guy Lavocat de son soutien, dans la perspective des prochaines échéances électorales.
    « Auream quisquis mediocritatem diligit… »

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