Chalmoux au cours des siècles (I)

Préambule

Ce texte est issu d’un document rédigé en 1982 par M. Guy Pissot de Leffemberg, ancien maire de Chalmoux. Fruit d’une recherche minutieuse et documentée, il retrace l’histoire de notre commune à travers les âges, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.

Si d’éventuels ayants droits de M. Pissot de Leffemberg désirent faire pévaloir leurs droits sur ce texte, qu’ils n’hésitent pas à me contacter contact@chalmoux.com.

 

Entrée du bourg
Entrée du bourg

Chalmoux au cours des siècles (chapitre 1)

Des origines aux invasions barbares

Assembler les évènements qui ont marqué, pendant des siècles, la vie de notre commune, de même qu’essayer de retrouver le comportement de ses habitants en face des faits qui ont meublé notre histoire, grande ou petite, n’est pas tâche aisée, car notre commune, comme des milliers d’autres, n’ayant pas eu à notre connaissance, un rôle d’acteur dans les faits historiques importants, ne se trouve pas citée dans les documents qui permettent d’écrire l’Histoire.

Il y a de grands pans d’ombre s’étendant sur des décennies et des décennies derrière lesquels se cahce une vie locale sans témoignages.

Malgré ces lacunes bien compréhensibles, essayons, en rassemblant les documents que nous avons pu glaner, de suivre Chalmoux au cours des ans.

Il semble que dans les temps très anciens de la préhistoire, c’est à dire 2 à 3000 ans avant notre ère, notre région ait été habitée par des hommes.

Un premier témoignage, parmi d’autres, peut être évoqué en se référant au bulletin de la Société d’Histoire Naturelle d’Autun, où il est écrit qu’une station préhistorique a dû exister au lieudit « chez le Masson ».

« En 1899, M. SAVOYE  a découvert uen station préhistorique jamas décrite en ce lieu, devenue en partie des prés. L’instituteur BOSSET et ses élèves y ont trouvé cinq silex. Ce dernier a trouvé de nombreux point préhistoriques à proximité du ruisseau de Vezon ».

Par ailleurs, aux confins de la commune, à l’Est, au lieudit LES TACHONIERES, il existe un ensemble de rochers granitiques et de pierres taillées qui prouvent la présence de l’homme.

L’attention sur cet ensemble est attirée, à juste raison, à noveau par Réné GAILLARD dans son livre “ Bourbon Oublié ” en 1967 ; les historiens du siècle dernier en signalaient la présence.

Il paraît très vraisemblable que le pays fut ensuite habité par les Celtes et les Gaulois qui furent, ensuite, dominés par l’occupation romaine qui s’étendit en 58 / 52 avant Jésus Christ à notre région.

Le plus ancien document connu faisant mention de Chalmoux remonte justement à l’époque Gallo-Romaine.

CALAMOSSA VILLA est à l’origine du nom de notre commune et, selon les expression latines, cela veut dire : Villa de Calamossus, ce qui laisse supposer qu’au temps de l’occupation romaine, un grand domaine agricole, appelé en latin “ Villa ”, était la propriété d’un certain Calamossus.

L’emplacement de cette “ villa ” n’a jamais été retrouvé. On peut supposer qu’il nse situait dans la région de FLY, car il y passait une voie romaine secondaire et, souvent, les prieurés du moyen-âge se sont édifiés sur les ruines des villae romaines, et Fly a eu son prieuré assez important qui s’appelait Sainte Magdeleine de Fly.

Mais tout ceci est bien souvent qu’un ensemble de suppositions et de déductions.

Puisque nous sommes à la période gallo-romaine, notons que le territoire de Chalmoux est traversé par deux anciennes voies romaines secondaires ; l’une reliait Bourbon-Lancy à Toulon sur Arroux et passait par Millières, la Choque, Trente-Vents, Fly, La Chapelle au Mans, Uxeau. Cette voie fut appelée plus tard « le chemin des soldats », probablement parce qu’elle fut empruntée par l’armée du Comte LAMBERT, en 980.

L’autre voie est celle que l’on appelle, aujourd’hui, la vieille route de Chalmoux, qui va de Bourbon-Lancy à Digoin. Une borne milliaire romaine, retrouvée il y a peu de temps au Moulin à Vent, prouve l’existence de cette voie romaine.

Après l’occupation romaine et le développement économique et culturel de la Gaule qu’elle suscita, notre pays ombra sous les flots des invasions barbares dans une longue nuit de plusieurs siècles où fut détruite toute la civilisation précedente. René GAILLARD nous rappelle cette triste période dans les lignes suivantes :

« Nous répétons que peu de contrées furent plus ravagées que la nôtre par le Nord et l’Est « tous ces flots de Barbares que le Nord pendant cinq siècles vomit sur le Midi et l’Ouest de l’Europe ». Ce furent d’abord les Vandales vers 265, les Bagaudes (paysans Gaulois qui se révoltèrent et saccagèrent la région d’Autun) vers 270, les Germains au temps de Probus en 277, le Alamans, les Burgondes, les Wisigoths au Vème siècle, les Huns avec Attila en 451, les Sarrasins en 725, les Normands en 888, les Hongres vers 944, tous envahisseurs dont la présence est signalée à ces diverses dates en Autunois.

Ecoutons le récit d’un passage de ces bandes, il est saisissant : “ Au Vème siècle sont apparus, un jour, des hordes de Barbares, hommes armés, femmes, enfants sur des chariots. Les Suèves, c’était leur nom, arrivaient de très loin, des bords de l’Elbe, et traversant la Gaule pour aller en Espagne, ils couvraient de leur multitude toute la région de Nevers. Leur passage, c’est la mort, la destruction, l’incendie, le deuil… ”.

Les années passent… Les réseaux des routes romaines ont presque disparu, les champs sont retournées en friches, les thermes et les constructions splendides sont détruits… »

Notons qu’après les grandes invasions et le chaos qui en découlait, seule restait une trame économique et sociale qui était celle mise en place par le christianisme et qui reposait, principalement, sur des monastères ayant essaimé en des prieurés ruraux.

[…]

Lire le chapitre 2 : du moyen-âge à la révolution

4 réponses sur “Chalmoux au cours des siècles (I)”

  1. Vous nous reparlerez peut-être, dans un prochain chapitre de cette évocation historique, du comte Lambert — dont le nom est associé à un autre odonyme chalmouxois : la « rue Lambin ». Sans vouloir anticiper, rappelons ce qu’on peut lire dans la « Description historique et topographique du duché de Bourgogne » de l’abbé Courtépée (tome IV, 1779) : ce sont « les Auvergnats qui ravageaient le Charolais et l’Autunois » que Lambert défit à Chalmoux. Les Auvergnats, déjà ! Qui a dit que l’Histoire ne repassait pas les plats ?

    1. Rosa Chapotel > c’est précisemment le thème du chapitre 2 qui est désormais en ligne.

      N’hésitez pas à intervenir quand bon vous semble !

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